Aucan + Zero + Hky @ Glazart (Paris), le 30 mai 2010

Une soirée découverte à 5€ pour 3 groupes, organisé par Noise Magazine, il n’y a pas vraiment de raison de rater cela !
Mes reports seront rapides, pour la peine j’ettaye un peu le compte rendu avec la présentation des groupes faite par l’organisation avant le concert …

HKY [Postcore/dark – Music Fear Satan – FR]
(http://www.myspace.com/HKYrock)

Associé à la scène «post hardcore parisienne», HKY s’extrait très facilement de ce genre en évitant par une atmosphère encore plus dense et plus sombre que celle couramment associée au style. Ainsi bien que le nom de Neurosis saute aux oreilles, c’est aussi celui de Darkspace qui m’apparaît clairement dans le jeu des samples associés aux riffs lourds et sombres. HKY n’en est qu’à son premier album (quatre titre de huit minutes en moyenne) mais tout est donc déjà semé pour que la suite n’ait plus grand chose à voir avec la musique composée par les fans de Isis et de Cult of Luna dont les disques s’empilent sur les tables des journalistes. Lents et denses, les riffs de guitare auréolés de samples glacials résonnent lourdement devant la section rythmique. Bien que concentré vers un objectif commun, le groupe n’évolue pas comme un seul homme et laisse de la place à chaque membre pour rendre le tout beaucoup plus personnel. HKY trouve ainsi sa propre voix dans un genre balisé et s’extrait donc par la qualité de l’interprétation mais aussi grâce à la forte personnalité de chaque musicien dont le talent est évident. L’enregistrement est d’ailleurs extrêmement travaillé et permet à chaque instrument de ressortir avec plus de clarté que sur les amplis de toutes les salles de concert où j’ai pu les voir se produire. En seulement quatre titres englobés dans des nappes de sons discordants, HKY ne compose pas que des chansons mais écrit aussi son univers dont la personnalité est d’ores et déjà palpable. Bon sang ne saurait mentir ou produire un disque interchangeable. Altess, Every Reason To, Slavery, Immemorial, (Remote). Tant de noms croisés sur des flyers dont des membres se retrouvent sur ce premier chapitre sans pour autant que l’on ait besoin de les mentionner partout pour vanter les mérites de celui ci. Ce premier album parle pour eux et suffira sans l’ombre d’un doute à convaincre jusqu’à ce que leur prochain disque l’enterre.

=> Je ne vois qu’un seul morceau du groupe, fort intéressant, il va falloir que je me plonge dans leurs réalisations ! Vivement leur retour sur un autre concert quand je connaitrais mieux !

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ZËRO [Noise – Ici d’Ailleurs – FR]
(http://www.myspace.com/zeromusik)

Le premier album « Joke box » est né des cendres de Bästard et Narcophony, deux anciens groupes dont faisaient partie ¾ des membres de Zëro. Le EP vinyle « Bobby Fischer » l’annonçait, « Diesel dead machine », second album du groupe le confirme : Zëro accélère le rythme sans rien perdre de ses capacités à le perturber et à développer des arrangements d’une richesse rare. On sent que le groupe a tourné, l’énergie brute des concerts est ici restituée avec ferveur. Le son Zëro s’affirme.

Pas besoin de haute technologie pour bien faire. Ici, tout est fait comme il l’a toujours été, live et en groupe, entre rigueur et totale décontraction, le son étant leur seul motif de perfectionnisme et d’obstination. Il suffit de les voir en concert pour le comprendre. C’est sans doute là que le message de Zëro se révèle, approchant avec une totale liberté d’expression ce que le rock représente à leurs yeux: un métissage de cultures et d’influences où le punk des premiers Devo, le jazz d’un Sun Ra et le blues d’un Captain Beefheart ne sont pas étrangers mais complètement assimilés.

Il est clair que la musique de Zëro s’aventure plus dans des contrées inventives que dansles sentiers battus du rock à identité fixe. On y croise autant Jack Berrocal et Gene Vincent en « Drag Queen blues » sous extasy, que le krautrock de Can et Kraftwerk dans un « Luna Park » ludique où psychédelisme et harmoniques offrent un roller coaster cérébral et addictif. On y croisera également des Cramps ressuscités le temps d’un « Sick to the bones » écorché, des Battles en pleine poussée pour un « Viandox » improbable, tout comme un paquet d’autres freaks qui en marge de tout courant auront constamment réécrit avec singularité et intelligence le langage du rock.

Chaque titre s’évade du précédent, fuyant la routine et l’étiquette comme la peste, un sourire au coin des lèvres, une bonne boite à blague sous le bras. Les disques se dévoilent avec la malice d’une boite d’illusionniste, d’un vice sans fin où le plaisir et la surprise sont sans cesse renouvelés.

=> Je n’accroche pas vraiment .. des morceaux assez différents, et au final je m’y perds un peu. Quelques plans intéressants, mais une musique qui ne me parle pas vraiment !

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AUCAN [electro/math-rock- Africantape, Ruminance – IT]
(http://www.myspace.com/aucan)

Rencontre du rock – là où la scène noise de Chicago l’avait arrêté avec Shellac et Don Caballero – avec la musique électronique – là où Fridge, Squarepushermais surtout Battles l’ont fait évoluer – AUCAN se donne le défi de donner à sa musique une puissance et une énergie unique,  combinaison étrange d’une sorte d’énergie fractale qui tombe en chute libre et d’une structure rythmique massive. Après un premier album en 2008 et une tournée supportant plusieurs groupes tels que Antipop Consortium, Zu – dont le batteur joue sur ce nouveau EP – Sleeping People, Dj Rupture, Hey ! Tonal), AUCAN revient avec DNA, un EP tout fraichement enregistré en Décembre 2009 (5 morceaux, 35mn), dans la continuité du premier album, avec une intégration plus importante d’éléments électroniques, la fusion rock/électro est à son comble. A nouveau réalisé par le label RuminanCe (Brian Harnetty7Bonnie Prince Billy, Rachel Grimes, Passe Montagne, Chevreuil, Cheval de Frise) et Africantape (Hey !Tonal, Three second Kiss, Extra Life, Passe Montagne). Ce disque – dédié à Gerhardt Fuchs, le batteur défunt du groupe Maserati – est d’une grande puissance, à écouter très fort donc, pour les initiés et les fans d’ambiances électroniques novatrices.

=> Une ambiance intéressante, mais avec des plans entendus maintes fois, et des samples électro assez basique sur une batterie qui essaie de jouer en décalage mais au final donne un rendu attendu, font que l’on se lasse très vite. J’ai eu aussi une impression de « geek » essayant de balancer plein de samples et de jouer avec leurs machines, accompagnés par un batteur. Et pourtant je suis assez fan de musiques électroniques, samples et autres, mais là étrangement, cela ne passe pas , et pourtant on peut percevoir des passages intéressants, dignes d’intérêt. Je pense que sur album il doit y avoir des morceaux que l’on peut mettre en musique de fond idéalement.
Cela dit, je m’ennui rapidement durant ce live, et du coup au bout de 3 ou 4 morceaux, je m’échappe de ce concert où le public n’était pas nombreux, mais assez correct finalement vu la renommée des groupes.

Une petite soirée sympathique, découvertes non transcendantes (hormis Hky que je savais qu’il fallait que je découvre avant le concert mais …. ).